Philippe Robert

30.04.1881 - 22.06.1930
Fonctions
Maler/in
Bibliographie
Petit-neveu de Léopold Robert, petit-fils d’Aurèle Robert et fils de Léo-Paul Robert, Philippe Robert s’inscrit dans une lignée d’artistes dotée d’un sens aiguisé de l’observation. Deux frères artistes viennent compléter cette ascendance: Théophile et Paul-André. Philippe Robert se démarque des cinq peintres de cette dynastie par sa formation autodidacte, entreprise sur le tard. Elevé dans un contexte religieux, il entame en 1900 des études de théologie à Genève et à Lausanne. A Berlin en 1904/1905, en vue d’écrire sa thèse, il délaisse rapidement les salles de séminaire et privilégie l’étude des collections des grands musées berlinois. A son retour en Suisse, il abandonne la théologie pour se consacrer à l’art. Sa carrière d’artiste débute en 1906. Il illustre de 178 planches l’ouvrage botanique La flore alpine d’Henry Correvon (1908), puis publie à son compte l’album Art nouveau Feuilles d’automne (1909). Le peintre développe une manière inédite de représenter la flore, associant exactitude scientifique et ornementation; en témoignent les 151 aquarelles réalisées pour Fleurs du Jura (aux éditions Gilles Attinger, 1989). Philippe Robert effectue plusieurs voyages qui le mènent dans le sud: à Rome (1913/14), en Grèce (1920) puis en Égypte (1924). En résultent de nombreuses toiles représentant des sites et monuments, des paysages ainsi que des portraits. En 1922 et 1923, les peintures murales qu’il réalise à Bienne pour l’hôpital Wildermeth et pour la salle d’attente de la gare le font connaître d’un plus grand public. Dès 1924, Philippe Robert s’attèle aux décorations d’intérieur d’églises: à Chaindon (BE), Corcelles (NE), Môtier-Vully (FR), aux Ponts-de-Martels (NE), mais aussi pour la Chapelle des lépreux de Prétoria en Afrique du Sud. Il donne des cours d’histoire de l’art et des conférences au Technicum de Bienne dès 1928. Sa dernière œuvre est l’illustration de la Bible de la Concorde, dite Bible de Mariage, remise à tous les époux protestants de Suisse romande entre 1930 et 1965. Philippe Robert meurt de noyade dans la Vieille Aar à Meienried (BE), à l’âge de 49 ans, alors qu’il venait observer une variété de nénuphar. Les peintures de paysages de Philippe Robert révèlent une part de symbolisme: les arbres deviennent métaphore de la magnificence divine et les nuages prennent l’aspect décoratif de la force de la nature. A côté des paysages, qui constituent le principal de son œuvre, Philippe Robert aborde la figure humaine avec quelques complexes, son père l’encourageant à se concentrer sur la nature, un sujet qu’il maîtrise mieux. Pour ses portraits, Philippe Robert place souvent ses modèles devant un fond ornemental, jouant sur un effet de juxtaposition. Les figures de ses peintures grand format, quant à elles, étaient souvent jugées démesurément déformées ou allongées par les critiques d’art. Philippe Robert assume ces reproches et évoque à plusieurs reprises l’influence de la peinture d’Arnold Böcklin ou de Pierre Puvis de Chavannes pour l’exécution de ses peintures murales. Même si Philippe Robert n'a que peu d'estime pour l'art de Ferdinand Hodler, il inscrit toutefois ses compositions dans le cadre théorique développé par ce dernier en matière d'unité et de parallélisme, tant dans les formes que dans les couleurs. Plusieurs de ses études pour Les Grandes Heures (1921/1922) et La Ronde des Heures (1923) rappellent en outre les postures de danse rythmique enseignées par Émile Jaques-Dalcroze. Dans ses panneaux qu’il réalise pour l’hôpital Wildermeth à Bienne, Philippe Robert propose un contenu qui mêle idéologie chrétienne et panthéiste. Il souligne à maintes reprises, dans son Journal de Peintre paru en 1923, l’interdépendance de la religion et de l’art. Il doit ainsi justifier envers le clergé protestant son iconographie chrétienne avec la présence de saints, de la Vierge et de scènes de la vie du Christ, ce qu’il fait pour les fresques et les vitraux du Temple de Corcelles (NE) en 1921–24. Le penchant de Philippe Robert pour le Jugendstil se révèle surtout dans le traitement de la courbe et dans la récurrente présence de motifs ornementaux. A la différence d’autres peintres symbolistes, Philippe Robert se distingue par son attachement aux thèmes religieux. En effet, il ne s’intéresse ni à la représentation de mythes, ni à l’expression de fortes émotions, ce en quoi il se démarque également de son père. Elise Maillard: « Philippe Robert », in SIKART Dictionnaire sur l'art en Suisse, 2014, source: https://recherche.sik-isea.ch/sik:person-4026629/in/sikart